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 Thé et Arsenic (Artur & Lizzie)

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Artur Cosgrave
Modératrice, Riche Traître
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Religion : Catholique converti à l'anglicanisme
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Rang : Bourgeois aisé
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Dim 15 Jan - 12:04

Thé et Arsenic
Artur & Elizabeth
Une pluie glacée frappait les carreaux de la Cosgrave’s Bank en ce jour du 20 novembre 1798, et les nouvelles du jour, si elles n’étaient pas réjouissantes, avaient le mérite de s’avérer particulièrement croustillante. C’est le journal entre les doigts qu’Artur s'affala dans le fauteuil de son bureau, parcourant une nouvelle fois, d’un œil expert, les pages noircies d’encres, tout en portant une tasse de thé à ses lèvres. L’horloge indiquait 11h pile. Le jeune directeur était au travail depuis un peu plus de quatre heures, et les rendez-vous semblaient se succéder à une vitesse infernale. Prenant ces quelques minutes de répit comme une véritable bénédiction, l’irlandais gratta nonchalamment ses favoris tout en relisant attentivement l’article concernant Théobald Wolfe Tone. Poussant un soupire d’exaspération, il jeta le papier de presse sur le bureau avant de se saisir d’une plume qu’il trempa rapidement dans l’encre, traçant d’un geste quelques mots sur un morceau de papier. Tout ceci était, de son avis,  accorder bien trop d’attention à un malfaiteur et un traître, qui avait eu la triste illusion de voir l’Irlande s’en sortir sans le soutien de la couronne anglaise. Artur n’éprouvait que mépris pour cette cause qui avait bien failli causer la chute du précaire équilibre de l’Irlande, et  cela ne le faisait que de le conforter dans l’idée qu’il lui fallait à tout prix se rapprocher des familles anglaise les plus influentes à Dublin. Il signa de son prénom et de son nom avant de se lever pour confier la missive à un de ses employés. « Remettez ceci immédiatement entre les mains de monsieur Bradford. Et veillez à le prévenir du léger retard que ces gens risquent de provoquer. »

Quelques heures plus tard...

Confiant son chapeau et son manteau au majordome de la maison, Artur patienta quelques instants dans l’entrée de la demeure, contemplant la cage d’escalier et les moulures du plafond avec une lueur d’envie dans le regard. Peut-être qu’un jour – si Dieu se montrait clément – cette splendide demeure lui appartiendrait. Reprenant rapidement contenance alors qu’il entendit les pas de l’homme de maison revenir vers lui, il se contenta de lisser sa moustache d’un mouvement élégant et de calmer cette ambition dévorante qui lui rongeait cœur et esprit.
 
Tout était une question de protocole et de politesse dans cette vieille noblesse anglaise, où l’irlandais était encore parfois perçu comme un sauvage en grand manque d’éducation. Artur était évidemment déterminé à prouver le contraire, persuadé que s’il avait réussi à plaire à l’oncle, la fille ne tarderait pas à lui tomber dans les bras – titre et fortune avec elle.  Après s’être fait annoncer dans le petit salon où se trouvaient ses hôtes, Artur entra dans la pièce où la majesté des lieux côtoyait le luxe du mobilier XVIIIème. Observant l’assemblée, les vieilles dames encore vêtues à l’ancienne mode, puis les messieurs n’ayant pas encore négligé les perruques « à la française », il courba le torse avec élégance en guise de salut. « Mesdames. Messieurs. Veuillez pardonner ce léger retard, la rue était encombrée par la foule. » fit-il tout en saluant tour à tour chacune des dames présentes, commençant par les plus anciennes tout en s’enquérant de leur santé et de celle de leurs époux. Puis, enfin, il daigna s’approcher de la jeune Elizabeth, posant un baiser sur le dos de sa main tout en esquissant un léger sourire. « Mademoiselle Bradford. » fit-il sobrement, avant de prendre place dans un fauteuil avec distinction. Ici, il n’avait guère le droit à l’erreur, et tous ces gens d’excellente qualité ne perdraient pas de temps pour porter un tout nouveau jugement sur sa personne, même s’ils venaient presque tous chercher conseils au sein de ses bureaux. Mais lorsque de l'argent était en jeu, plus rien ne comptait, même la sordide extraction de leur banquier.
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Elizabeth Bradford
l'angleterre dans la peau
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Dim 15 Jan - 20:49

Un jour, alors qu’elle n’avait qu’une dizaine d’année, elle avait demandé à une de ses gouvernantes pourquoi diable elle devait apprendre le français, les sciences et l’histoire, alors qu’elle ne serait plus tard jamais professeure d’université. Celle-ci lui avait répondu : « C’est pour aider votre futur mari, et pour pouvoir discuter avec vos prétendants. Cela sera votre principales occupations quand vous aurez vingt ans. » A l’époque, elle avait trouvé cette perspective pas très palpitante, mais maintenant, elle y était. Elle avait vingt ans (et quelques années de plus, mais chut), et elle s’apprêtait, comme deux ou trois fois par semaine, à faire la conversation à un jeune homme bien sur lui.

Assise sur un siège de l’entrée, elle était vêtue d’une fine robe en mousseline blanche à la dernière mode, avec une ceinture de soie bleue claire et une châle gris (il faisait froid dans la grande demeure). Elle se leva lorsque le jeune homme fit son entrée – elle ne se rappelait pas de son nom, il y en avait tellement qui défilaient chez son oncle. « Mesdames. Messieurs. Veuillez pardonner ce léger retard, la rue était encombrée par la foule. » Bien qu’elle se fiche complêtement des règles de politesse, elle ne put s’empêcher de remarquer qu’il était impoli de préciser que son retard était léger. Au contraire, il devait affirmer que son retard était impoli, et la maîtresse de maison lui dire que ce n’était rien. Enfin bon. On ne lui avait peut être pas appris. Elle lui offrit un léger sourire, et soudainement, son cerveau fut capable de retrouver son nom de famille. « Monsieur Cosgrave, c’est un plaisir de vous avoir ici. » Ouf. Elle évitait ainsi d’humilier son oncle. Elle se rassit ensuite, le dos bien droit. Sa tante, en sa position de maîtresse de maison, ouvrit la conversation. « Eliza, tu n’as pas encore rencontré Monsieur Cosgrave, je crois ? »
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Artur Cosgrave
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   Message posté 
Lun 23 Jan - 9:30

Thé et Arsenic
Artur & Elizabeth
Ce n’était pas la première fois qu’Artur assistait à ce genre de rencontres mondaines. Au contraire, il en était un des familiers, et en particulier de la maison Bradford qu’il côtoyait maintenant depuis quelques mois. Or, mademoiselle Eliza – comme elle se plaisait à se faire nommer – était jeune, plutôt agréable et, atout non négligeable, était doté d’une fortune et d’un titre qu’elle offrirait à l’homme qu’elle épouserait. Evidemment, le jeune banquier y avait vu là une opportunité en or. Une occasion d’enfin accéder à des cercles qui lui étaient pour l’instant scrupuleusement fermés. Cependant, et malgré des efforts acharnés, chaque tentative auprès d’Elizabeth Bradford s’était soldé par un cuisant échec. Ce n’était malgré tout pas suffisant pour décourager l’obstiné irlandais, qui revenait à nouveau aujourd’hui pour tenter d’attirer toute l’attention de la jeune aristocrate, avec tout le raffinement d’un banquier, habitué à traiter avec une clientèle aisée.

C’est avec une pointe d’orgueil – voire d’arrogance – à peine voilé qu’il se rend compte qu’elle a retenu son nom. Et il esquisse un léger sourire lorsque la tante fait mine d’engager la conversation. Mielleux, il se contente d’incliner la tête. « Pour ne rien vous cacher, nous nous sommes déjà croisés à plusieurs reprise madame Bradford. Bien que cela ne soit à chaque fois pas dans des conditions aussi agréable qu’en ce moment même. » Le majordome s’approcha avec discrétion, tendant au banquier une tasse de thé parfaitement exécutée. La prenant entre ses doigts avec l’élégance de l’homme bien né, il ajouta une pointe de sucre avant de la porter à ses lèvres, regardant la jeune Elizabeth, n’écoutant que d’une voix distraite la conversation qui prenait corps autour de la mort de Wolfe Tone. C'est la voix d'une des amies de son hôtesse qui le ramena à la réalité  Quel destin tragique. Ne pensez-vous pas monsieur Cosgrave ? » Abandonnant la faïencerie sur la table d’appoint à ses côtés, il lissa sa moustache d’un air distrait en observant la vieille femme presque avec froideur. « Il a eu le destin qu’il a choisi. Pas celui qu’il méritait à mon humble avis. » Artur reprit la tasse brûlante dans sa paume, pinça les lèvres. « C’est au bout d’une corde qu’il aurait dû terminer. Au moins aurait-il satisfait un certain public. »


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Elizabeth Bradford
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   Message posté 
Lun 23 Jan - 18:30

Installée sur un fauteuil extrêmement mou (mais le dos bien droit, ce qui créait une tension très désagréable entre les omoplates – on sous estimait souvent la souffrance physique que prendre le thé pouvait entraîner), elle se saisit de la tasse de thé que lui tendait le majordome, le remerciant du regard – il n’était pas correct de remercier un domestique oralement devant tout le monde, mais elle préférait toujours être aimable avec eux. Elle but une petite gorgée, écoutant d’une oreille distraite la réponse du banquier à sa tante. Il prenait ce ton douceâtre absolument insupportable que tous les flagorneurs prenaient quand ils parlaient à sa tante. Celle-ci, bien sûr, roucoulait de bonheur, bien qu’intérieurement, elle devait sûrement mépriser Mr Cosgrave. Hier soir, au dîner, elle avait déclaré que quelqu’un qui changeait de religion ne pouvait être digne de confiance ; son oncle s’était contenté de marmonner une vague réponse sur le fait de savoir reconnaître la vérité là où elle était. Il faut dire qu’il était bien plus interessé par le porte monaie de l’Irlandais que par l’église où il allait le dimanche.

La conversation portait maintenant sur Wolfe Tone. Elizabeth se mordilla la lèvre. Elle ne savait plus que penser sur l’Irlande et son indépendance. Cela la laissait perplexe, et chaque fois qu’elle tentait d’en discuter avec quelqu’un, elle finissait toujours par se taire et se faire emporter par le flot d’arguments de la personne en face. Se sentant ignorante, elle finissait par ne plus parler, mais seulement écouter. Elle secoua la tête en entendant la réponse de Mr Cosgrave. « Allons, monsieur, la justice n’est pas là pour satisfaire les inclinations macabres du peuple. Peut être valait il mieux qu’il puisse choisir comment il allait terminer sa vie. »
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